Reconstruction en Haïti

 

Cette page vous offre divers textes en lien avec l'implication du diocèse de Gaspé dans les efforts de reconstruction et d'aide au peuple d'Haïti, suite aux tragiques événements survenus en janvier 2010.

Andrée Mainville, spc, et une orpheline, Kathiana Cheislene Plaisir, 8 ans, recueillie par les Soeurs de St-Paul de Chartres, à Delmas.

 

Raymonde Arsenault avec Kenson, un jeune lépreux de l'hôpital Cardinal Léger, à Sigueneau.

 

Amour et patience en Haïti

 

 

Quel paradoxe ! Mais pourtant si réel ! Le 26 octobre 2011, nous arrivions à Port-au-Prince, toutes les deux animées du désir d'apporter une fois de plus notre contribution à ce pays qui tente à sa manière de renaître de ses cendres. En Haïti, une certaine forme de violence est toujours présente; nous allons donc privilégier les armes suivantes : la compassion, la patiente et surtout l'amour. Nous serons les ambassadrices et ceci à nos frais du projet « Soutien à l'Éducation en Haïti » lequel vise à supporter financièrement quatre écoles dont trois avec les Missionnaires du Christ-Roi et une quatrième avec les Sœurs St-Paul de Chartres, à Delmas. Andrée, membre de cette communauté, ira rejoindre ses compagnes à Delmas dans un premier temps.

 

À notre descente de l'avion, nous sommes conscientes que dès notre accueil par ces deux communautés religieuses, nous aurons à prendre chacune notre route pour nous retrouver le 9 novembre, date de notre retour au Québec, à Delmas chez les Sœurs St-Paul de Chartres. Voilà que notre expédition qui sera remplie d'imprévus débute puisque nous attendons 1 heure et demie exactement avant de pouvoir récupérer nos bagages. À la sortie de l'aéroport, de nouvelles structures prennent place timidement. Sans doute que beaucoup de débris ont été ramassés, cependant, à plusieurs endroits, il y a toujours des amoncellements de détritus, de pierre, et de ferraille. Un jeune adulte explore un dépotoir à ciel ouvert à la recherche d'un quelconque objet qui lui permettrait peut-être de survivre.

 

Présentement, dans ce pays, les conditions de vie ressemblent à ce qu'elles étaient avant le séisme avec plusieurs facteurs aggravants. Un article paru dans Le Nouvelliste du 29 octobre dernier faisait mention des chiffres suivants : 76 % de la population vivent avec 2 dollars américains et moins par jour et le pourcentage de ceux qui vivent dans l'extrême pauvreté avec un dollar par jour est de 56 %. À ces difficultés permanentes s'est ajouté le décès de plus de 230 000 personnes et plus de 300 000 autres, blessées physiquement et combien psychologiquement? Également est venue se greffer depuis le 19 octobre 2010, la disparition de plus de 6 000 personnes frappées par le choléra, maladie qui perdure encore aujourd'hui. Présentement des camps de sinistrés temporaires sont devenus quasi permanents, même devant les ruines du palais présidentiel. Des orphelins, des veuves, des familles viennent prier leurs défunts toujours sous les décombres.

 

Malgré ces difficultés toujours omniprésentes, nous nous sommes laissé toucher par la beauté de ce peuple, par l'espérance qui habite leur cœur stigmatisé. Comme Saint Augustin le dit si bien, « Quand l'amour grandit en nous, la beauté grandit aussi ». Toutes les deux, nous avons vécu des moments émouvants empreints d'une grande compassion. Pour n'en nommer que quelques-uns, le plaisir de retrouver ceux qu'on aime, de prendre contact avec ce désir de survivre, d'accueillir tous ces jeunes enfants avec les yeux pleins d'étoiles, revêtus de leur petit costume aux couleurs joyeuses qui fait en sorte qu'il devient difficile d'identifier l'orphelin, l'esclave, l'abusé ! Cette belle jeunesse qui a tellement besoin d'une source d'espoir à laquelle s'abreuver devient notre leitmotiv et viendra continuer à nourrir notre projet de supporter ces 4 écoles que nous aidons financièrement. Dans chacune d'elle, un travail extraordinaire s'accomplit, ce qui ne peut nous laisser indifférentes. Les religieuses de ces deux communautés se surpassent quotidiennement dans l'amour et la fraternité.

 

De retour chez nous dans nos milieux de vie respectifs, nous sommes en mesure d'affirmer à toutes les personnes qui gravitent autour du projet humanitaire « Soutien à l'Éducation en Haïti» que la collaboration que nous apportons, si minime soit-elle lorsqu'on considère la situation actuelle en Haïti dans son ensemble, fait tout de même une différence. Les milieux que nous avons ciblés sont pleins d'espérance et c'est avec AMOUR ET PATIENCE que nous poursuivrons cette deuxième année de ce projet triennal.

 

Merci à tous ceux et celles qui interprètent avec bienveillance la lenteur de la reconstruction en Haïti, car l'amour du prochain se situe bien au-delà de ces apparences. Et si c'était la première règle de la vraie charité ?

Fraternellement,

Raymonde Arsenault, missionnaire laïque

Andrée Mainville, de la communauté des sœurs Saint-Paul de Chartres

 

 

 

 

 

La dernière mise à jour de ce site date du 10/01/12  Site last update du 10/01/12